
A.M.O, modèle F 42 Luxe |
|
|---|---|
Marque: A.M.O. |
Type: F 42 Luxe |
Année 1939 |
Module FM: non |
Tubes: 6E8mg, 6F7, EBL1, 5Y3 gb et 6G8 |
Type: Superhétérodyne |
Gammes d'ondes: 3 gammes. GO, PO, OC |
Retauration: septembre 2025 |
Schéma: oui |
Documents: non |
J’ai mis 6 mois à restaurer cette radio. Une fois entièrement démontée, je l’ai mise de côté pour me consacrer à la construction du salon de ma fille.
Cette radio n’est pas très jolie avec son tissu à fleurs tout droit sorti de je ne sais où.
Cette radio n’est pas très jolie avec son tissu à fleurs tout droit sorti de je ne sais où.
J’ai cru au début que c’était une radio artisanale, et sans doute unique, comme c’est souvent le cas.
Mais pas du tout. En fait, c’est bien une marque A.M.O, modèle F 42 Luxe.
J’ai pensé également qu’elle datait d’après-guerre, car malgré un jeu de tubes des années 30, elle a été fabriquée avec un jeu peu ordinaire qui m’a fait penser à une construction de fond de tiroir, un mélange assez surprenant.
Ce n’est pas très courant, ce genre de mélange, et je crois que ça va être intéressant.
Description:
Cette radio est plutôt en bon état et très bien conservée.
Comme on peut s’en rendre compte, cette radio a un mélange de tubes incroyable.
J’attends de voir à la fin le résultat.
Examen de la radio:
La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est le goudron qui a coulé du côté des fils des deux condensateurs d’alimentation. Preuve que cette radio a sérieusement chauffé !
Le bloc d’accord n’a plus ses deux billes de position : il tourne donc plus ou moins dans le vide.
Le CV n’est pas bloqué, ce qui est rare, mais un bon nettoyage sera nécessaire.
Sans oublier de le tester. Surtout, ne pas utiliser la méthode dite "d’électrocution" : c’est une absurdité monumentale qui était employée dans les années 50. À cette époque, on n’était pas à une électrocution près… mais aujourd’hui, cette méthode est très dangereuse et totalement à proscrire.
Le correcteur de tonalité n’est en réalité qu’un interrupteur : d’un côté relié à la masse, et de l’autre placé sur la liaison, traversée par un condensateur de 47 nF.
Sur le schéma est dessinée une self anti-ronflement que mon haut-parleur ne possède pas. Détail sans grande importance.
Le tube 6G5 sera très compliqué à remplacer s’il est HS. Dans ce cas, je le remplacerai par une EM4.
Les transfos MF, d’accord et d’oscillateur se démontent très facilement : ils sont simplement emboîtés. Très pratique pour les tester.
Au vu de la documentation, la restauration devrait être relativement simple.
Restauration:
Schéma de principeCliquez pour agrandir
Valeurs du transformateur d’alimentation
Primaire:
110v 11.2Ω
120v 12.4Ω
130v 12.8Ω
150v 14.6Ω
220v 29.4Ω
250v 36.0Ω
Secondaire:
5v 1Ω
6.3v 1Ω
2x 375v 2x540kΩ
La restauration aura été très classique. Comme à chaque fois, j’ai dû tout démonter afin de pouvoir mettre le châssis à nu, le poncer pour enlever toutes les traces de rouille et lui passer deux couches de peinture. À partir de ce moment-là, on peut recommencer à remonter la radio sur du propre.
Je crois que le truc compliqué a été d’essayer de retrouver des billes pour le sélecteur de gamme. En fait, j’ai pris un ancien roulement à billes que j’ai cassé afin de récupérer les billes.
Tous les condensateurs chimiques et électrochimiques ont été remplacés. Certains avaient sérieusement chauffé car du goudron avait coulé. Pour dire, c’est le genre de pièces qu’il faut réellement changer, mais je ne reviens pas là-dessus.
Tout le câblage a été refait car beaucoup de fils étaient gainés de soie, et il faut reconnaître que l’isolation n’était plus très présente.
Plusieurs des condensateurs étaient montés sur une plaque. On peut dire que c’est l’ancêtre du circuit imprimé. J’apprécie ce montage.
Pour le reste, il suffit de suivre le schéma afin de pouvoir recréer cette radio comme à son origine. Rien de très compliqué.
Tous les tubes ont été testés et ceux qui sont inférieurs à 80% seront isolés.
Il faudra impérativement bien nettoyer les contacts du support de la EBL1 car de nombreux faux contacts sont à prévoir autrement.
Par la même occasion, il sera préférable de démonter complètement le potentiomètre ainsi que son interrupteur afin de nettoyer parfaitement les pistes et le contact marche/arrêt.
Sans cela, on peut prévoir que dans un an ou deux, la radio ne se mette plus en marche à cause de cet interrupteur qui sera oxydé.
Le condensateur variable a été démonté et traité par électrolyse.
Ne pas oublier de mettre de la bombe contact sur le sélecteur de gamme, c’est impératif, ainsi que sur tous les supports de lampes afin de les désoxyder au mieux.
Essais:
Essai juste avec la valve 5Y3GB
Attention, il faut vraiment contrôler la montée en haute tension car on peut vite dépasser l’isolation des deux condensateurs d’alimentation et les faire exploser, ce qui n’est pas le but.
Essai avec la valve et le tube final EBL1
Au bout de quelques instants, la ronflette se fait entendre dans le haut-parleur, ce qui veut dire qu’il y a du 50 Hz et que la partie finale fonctionne.
J’ai injecté pendant quelques heures un signal BF afin de faire fonctionner cette radio, en contrôlant la température du transformateur d’alimentation ainsi que du transformateur de sortie.
2 h après, RAS, donc on peut continuer les essais.
En tapotant avec le dos d’un tournevis, je me suis rendu compte que cette radio avait un faux contact énorme. Au début, je pensais que c’était l’étage final qui posait problème, mais en fin de compte, c’était simplement une résistance, comme le montre la photo, qui s’était dessertie et qui faisait mauvais contact. Cette résistance sert au niveau de l’alimentation, tout de suite après l’excitation. Je l’ai donc changée par une résistance de 5 W.

Essai avec tous les tubes:
Cette radio a fonctionné du premier coup sans aucun problème. Elle reçoit parfaitement les stations en petites ondes et en grandes ondes avec mes émetteurs.
Il reste plus qu’à changer la 6E8, mais comme elle est extrêmement difficile à trouver, j’ai mis une EM34, bien entendu en ajustant les résistances d’alimentation à 1 MΩ, voire même 1,5 MΩ.
J’ai fait fonctionner pendant plusieurs heures cette radio en grandes ondes et en petites ondes et je n’ai remarqué aucun problème particulier, ni de faux contact, ce qui est rare avec le jeu de tubes qu’elle possède.
Caisse en bois:
La caisse en bois n’est pas très abîmée. Le vernis d’origine est encore correct, alors je me suis posé la question : devais-je décaper la boiserie à l’acétone et la revernir ? Mais je me suis rendu compte que les motifs autour du cadran et du haut-parleur, légèrement dorés, auraient disparu, ce qui aurait été vraiment dommage.
J’ai donc opté pour une solution beaucoup plus simple : j’ai égrainé le vernis à la paille de fer afin de créer des micro-rayures, et j’ai redonné deux couches de vernis marin pour lui redonner sa brillance d’origine.
Les barres en cuivre ont été décapées et vernies à la bombe afin que dans les années qui viennent elles ne se ternissent pas.
À mon grand regret, il y a eu à plusieurs cigarettes posées sur cette radio qui ont brûlé le bois. Et là, on ne peut rien faire contre ça. Mais comme je le dis, cette radio a une histoire, et ces marques en font partie.
Conclusion :
Restauration classique, sans grand problème. Le plus dur pour moi, c’est que je l’avais démontée et laissée pendant 6 mois dans un carton. Quand je l’ai reprise en main, cela n’a pas été simple car il fallait se remettre dans le bain. Heureusement, j’avais le schéma.
J’ai été surpris du fonctionnement de cette radio. Malgré un mélange de tubes totalement différents, le constructeur a bien fait les choses et elle fonctionne plutôt bien.
J’ai changé la toile afin de lui mettre une toile un peu plus discrète, et je dois reconnaître que cette radio a toute sa place dans mon musée.
Et pour conclure : ce n’est peut-être pas la plus jolie des radios de ma collection… mais ce n’est clairement pas la plus moche non plus.
Avec son mélange de tubes improbable et sa toile, elle a du caractère. Et maintenant, elle rechante comme en 40.
A.M.O F 42 Luxe : l’épave qui rechante
Vidéo de son fonctionnement:
(©) CL & Dominique FOREY, Juin 2026
Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation de l’auteur de « Les TSF de nos vieux jours ».